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Histoire : l'héritage des siècles remis à neuf Le progrès 30 avril 2007


Deux Bisontins créent des visites virtuelles dans des sites du passé, en associant aux techniques de l'archéologie et de l'histoire celle de l'imagerie de synthèse en 3 D «Là, on remonte vers la place Pasteur » commente Pierre Rupp. Sur l'écran, l'image frôle la dalle d'une voie antique bordée de maisons à colonnades. Ça ressemble au sud, et l'on est pourtant à Besançon. Où plutôt à Vesontio, comme l'appelaient les Romains, et cela grâce à l'imagerie numérique en 3 D.
L'un a une maîtrise d'histoire ancienne, l'autre de médiévale. Passionnés de multi-média, tous deux ont passé une licence en informatique. Pierre Rupp et Loïc Thirion-Lopez sont les porteurs d'Héritage Virtuel, une société en voie de création hébergée depuis octobre 2006 à l'incubateur de la Maison des microtechniques à Besançon. Leur projet est né de la volonté d'une équipe de l'ISTA, l'Institut des sciences et techniques de l'Antiquité (Université de Franche-Comté) de valoriser ses savoir-faire en modélisation 3 D et imagerie de synthèse. « Notre but, c'est de reconstituer en images de synthèse des monuments historiques, depuis les Romains à aujourd'hui, afin d'en organiser des visites virtuelles, montrer ce qu'on ne peut pas ou plus voir », expliquent Pierre et Loïc.



Vauban aussi « On ne fait pas que de l'image de synthèse, il y a un discours autour. Il faut aussi que les enfants puissent voir le film, qu'ils comprennent l'histoire » précisent Pierre et Loïc. Leur cible, c'est d'abord le grand public, qu'ils comptent atteindre par l'intermédiaire des collectivités. Ainsi, de Vesontio à Besançon (lire ci-dessous) répondait à une commande de la municipalité bisontine. « On ne crée pas que le bâtiment, mais aussi le paysage autour, ça donne plus de vie à la reconstitution » indique Loïc. « Nous nous appuyons sur des sources scientifiques, en nous renseignant par exemple sur les essences présentes à l'époque » ajoute Pierre. Héritage Virtuel répond aujourd'hui à une commande du conseil régional et du conseil général du Doubs pour reconstituer une visite de Besançon au temps de Vauban. « Là, nous travaillons avec un réalisme plus poussé, car on possède plus de documentation, et nous sommes mieux organisés » déclarent Pierre et Loïc. En révélant un secret de leur future réalisation : certaines façades du quai Vauban n'étaient qu'un décor cachant des maisons plus anciennes... «Nous n'avons fait aucune démarche commerciale pour l'instant, mais ça nous tombe dessus. Exemple, nous avons été contactés par un promoteur tombé sur des vestiges qu'ils souhaite valoriser » se réjouissent les deux hommes. Autres commanditaires possibles, les architectes et les designers voulant voir leurs créations en situation. La société Héritage Virtuel devrait être officiellement créée en juillet, et rester quelque temps encore à l'incubateur. Pierre et Loïc se préparent à recruter un stagiaire et un spécialiste du patrimoine qui les déchargerait de la partie administrative du travail, et plus tard un graphiste. Le passé leur ouvre une porte, réelle, vers le futur.

Jean-Claude Bonnot

VESONTIO, un travail de Romains

Le public a pu l’an dernier découvrir Vesontio, le Besançon des Romains, entièrement reconstitué en images de synthèse. IL SUFFIT à Besançon de gratter un peu le présent pour remonter en surface une bonne tranche de passé. La ville, jusqu’à 5M de profondeur, recèle de nombreuses traces anciennes. Exemple, en avril 2005, la rénovation de la Place de la Révolution a abouti à la découverte d’un important complexe thermal gallo-romain. Besançon au temps des Romains a justement permis à Loïc Thirion-Lopez et Pierre Rupp de démontrer leur savoir-faire en matière de reconstitution 3D des sites anciens. Autre monument à voir avant de quitter Vesontio, l’amphithéâtre construit au Ier siècle près de l’actuel lycée Condé. Dan le cadre de l’exposition « De Vesontio à Besançon » présentée au musée de beaux-arts de la ville de mai à novembre 2006, ils ont participé au travail réalisé par Georges Tirologos, ingénieur à l’Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité(ISTA) de l’Université de Franche-Comté. L’imagerie qu’ils ont conçue s’appuie sur les travaux archéologiques préventives) et sur les études déjà réalisées. « Ce qui caractérise les travaux archéologiques de ces quinze dernières années à Besançon, c’est que malgré l’aspect spectaculaire de certaines découvertes, aucune des structures trouvées n’a été conservées en place » souligne le site (www.heritage-virtuel.com) d’Héritage Virtuel. D’où l’Intérêt des « visites » conduites par l’imagerie de synthèse. Sur le cardo maximus L’imagerie de synthèse permet de se promener sur le cardo maximus, l’axe principal de la cité romaine aujourd’hui recouvert par la Grande-Rue, bordé de maisons à colonnades surmontées d’habitations. Remontant vers l’actuelle place Pasteur, le visiteur découvre des ateliers de verriers. Rue de Lorraine, à l’emplacement du collège Lumière, on pénètre dans une importante villa du IIe siècle dont les contours sont connus, où furent retrouvés des mosaïques et des fragments de murs peints. Cette demeure de style méditerranéen, avec un bassin, n’était pas chauffée, on imagine qu’elle servait de lieu de réception. Autre monument à voir avant de quitter Vesontio, l’amphithéâtre construit au Ier siècle près de l’actuel lycée Condé, dont les vestiges ont permis d’imaginer l’importance. Il disposait d’environ 20 000 places, pour une population comprise entre 5000 et 10 000 habitants. On devrait venir de fort loin pour voir s’étriper les gladiateurs… Le DVD « De Vesontio à Besançon », d’une quinzaine de minutes est diffusé par les Presses Universitaires de Franche-Comté.

Jean-Claude Bonnot


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